dimanche 31 juillet 2011

Action de Grâce pur Abbe Joachim


Mgr Michel Méranville, entouré d'un grand nombre de prêtres du diocèse, a présidé la messe d'action de grâce à la mémoire du père Diouf.
C'est hier mardi matin à la cathédrale Saint-Louis de Fort-de-France, qu'un ultime adieu a été adressé au père Joachim Diouf, décédé la semaine dernière d'un grave accident respiratoire au Gros-Morne, alors qu'il venait d'arriver dans cette paroisse pour remplacer son homologue en cette période de vacances.
Mgr Michel Méranville, entouré d'un grand nombre de prêtres du diocèse, a présidé la messe d'action de grâce à la mémoire du disparu, qui, clin d'oeil du ciel, aurait fêté ce 26 juillet le 30e anniversaire de son ordination au diaconat. Autre signe d'en haut que signalait l'archevêque, le fait que la journée d'hier célébrait également la fête de Saint-Joachim et de Sainte-Anne, rappelant par là même le saint patron du père Diouf qui avait débuté son ministère dans la paroisse de Sainte-Anne de Thiés au Sénégal. Né il y a 56 ans dans ce pays et ordonné prêtre le 12 avril 1982, Joachim Diouf avait marqué l'histoire de notre diocèse en prenant, durant deux ans, la relève immédiate de l'archevêque, au sein de la paroisse de la cathédrale à la suite de l'ordination de ce dernier à la tête du diocèse en avril 2004.
Homme de foi et d'engagement, il laissera le souvenir d'un serviteur de Dieu à l'écoute des fidèles martiniquais, dont il appréciait la grande piété, le reconduisant régulièrement chez nous pour des remplacements auprès de différentes communes. Il avait su tisser également des liens d'estime et d'amitié avec ses compatriotes présents sur l'île, en sorte qu'une délégation de l'association des Sénégalais en Martinique était présente hier au premier rang pour lui rendre hommage.
Le corps du père Diouf regagnera par la suite le Sénégal, où il sera inhumé au milieu des siens dans l'attente du retour du Christ, celui en qui il avait mis toute sa confiance et son espérance.
Le presbyterium martiniquais quasiment au complet pour la messe d'action de grâce en mémoire du père Joachim Diouf (en médaillon), décédé brutalement le 18 juillet dernier au Gros-Morne.
"Viens à ma table ,toi le béni de mon Père"!C'est ainsi que nous sommes sûrs que Notre Seigneur t'a accueilli.C'est .Loin de ton pays bien-aimé ,sur la terre de Martinique où tu nous as donné le meilleur de toi-même que le Seigneur a jugé bon de te rappeler pour prendre ta récompense.Notre coeur est lourd de ton absence mais restons dans le souvenir de nos moments de fraternité vécus  et dans l'Espérance de nous revoir un jour.A DIEU PERE JOACHIM!
                          Repose en paix cher Abbé

jeudi 28 juillet 2011

Passation de service

Ce Samedi 16 juin 2011 la paroise Saint Paul de Grand Yoff a accueillit les équipes notre Dame pour une cérémonie de passation de flambeau.
Pour un mandat de trois (03) ans le couple sortant (Emile et Elisabeth DIOUF), en présence de leurs prêtres responsable, a donné le flambeau au nouveau couple appelé (Agnès et Vital SAGNA).

les Equipes Notre Dame sont un mouvement de spiritualité conjugale de l’Eglise catholique.
Elles ont un visage, des équipes de  05 à 07 couples autour d’un prêtre qui en est le  conseiller spirituel. Elles offrent à leurs membres une vie d’équipe, lieu d’exercice de l’entraide fraternelle spirituelle et humaine. Elles proposent des points concrets d’efforts pour aider chaque couple à progresser dans l’amour de Dieu, des rencontres mensuelles pour la prière, une mise en commun, un partage sur les Points concrets d’effort, un échange sur un  thème d’approfondissement de la vie chrétienne.
Pour animer la vie de mouvement des équipes réunies en secteur de 5 à 20 équipes,
un foyer responsable est appelé périodiquement pour un mandat de trois ans.

dimanche 24 juillet 2011

Dieu a donné, Dieu a repris

      Province de France
                                                                                                      

AVIS DE DÉCÈS


Le 21 juillet 2011, est décédé à Chevilly Larue, âgé de 88 ans

Monseigneur Clément CAILLAUD


Né : le 27 juillet 1923 à Nueil sur Layon (49)
Profès : le 8 septembre 1947 à Cellule
Prêtre : le 1er octobre 1950 à Chevilly
Nommé Préfet apostolique de Tambacounda (Sénégal) le 13 août 1970

AFFECTATIONS :
·      Fatick (1951-1952, vicaire) ; Fadiouth (1952-1957, vicaire puis 1957-1960, curé) ; Ngasobil (1960-1965, directeur du petit séminaire) ;
·      Dakar (1965-1970, supérieur principal) ;
·      Tambacounda (1970-1986, préfet apostolique).
FRANCE : Peyruis (1986-1989, aumônier des Annonciades) ; Le Dorat (1989-2011, aumônier) ; Chevilly Larue (2001-2011, retraite).

Ses obsèques seront célébrées à Chevilly Larue le mardi 26 juillet à 14h30

"ENTRE DANS LA JOIE DE TON MAÎTRE"

vendredi 22 juillet 2011

Le cvad: un appel à la Paix

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
DU COMITÉ DE VEILLE DE L’ARCHIDIOCÈSE DE DAKAR (CVAD)



Notre pays, le Sénégal, à la suite de nombreuses manifestations de mécontentement des populations, des travailleurs et des jeunes en particulier, traverse une situation de crise grave, profonde et de plus en plus inquiétante. Un « malaise national » qui n’épargne aucune couche de la population, s’installe et pousse même à la révolte. Les évènements des 23 et 27 juin derniers en sont une triste et douloureuse illustration.
Suite aux appels au calme des Évêques du Sénégal, réunis en Conférence épiscopale les 14 et 15 juin 2011, au Cap des Biches, et de Son Eminence Théodore-Adrien Cardinal SARR, dans son homélie du 24 juin 2011, à la Cathédrale de Dakar, lors de la célébration de la solennité de Saint Jean-Baptiste, saint patron des Chevaliers de l’Ordre Souverain de Malte ;
Suite à la rencontre d’information sur les lieux de culte saccagés, vandalisés, rencontre qui a eu lieu le jeudi 30 juin 2011, à la Centrale des Œuvres de l’Archidiocèse de Dakar, Maison Jean-Baptiste Ciss, entre des représentants de l’Église catholique de l’Archidiocèse de Dakar et des représentants des Associations et Ministères Pentecôtistes du Sénégal (AMPS), et aux nombreuses rencontres tenues et réflexions soutenues qui ont été poursuivies, sans discontinuer, dans ce cadre,
Le Comité de Veille de l’Archidiocèse de Dakar (CVAD) :
·         manifeste sa compassion et sa solidarité à toutes les personnes victimes de ces journées chaudes et de ces actes de violence et de vandalisme ;

·         dénonce la recrudescence de la violence dans les rapports entre communautés religieuses, notamment par des attaques et des destructions de lieux de culte ciblés, ainsi que de biens propres à certaines de ces communautés ;

·         dénonce l’intolérance récurrente et grandissante vis-à-vis de communautés religieuses, anciennes et nouvelles ;

·         regrette avec amertume qu’une telle situation puisse se produire dans un pays tel que le Sénégal, terre de la Teranga (de l’hospitalité) et du Disso (du dialogue), notamment dans le domaine du dialogue interreligieux pour lequel le  Sénégal est reconnu sur les plans africain et international comme un pays d’exception ;



lance un appel au peuple sénégalais tout entier, pour :
·         attirer son attention sur le principe intangible de la laïcité et ses conséquences pratiques, principe et conséquences auxquels ce même peuple est particulièrement sensible et attentif ;

·         l’exhorter instamment à respecter ce principe de la laïcité ainsi que les libertés individuelles et collectives, notamment la précieuse liberté de culte, chère aux Sénégalais, tels que définis par la Constitution de la République du Sénégal              (article 1) ;
invite les pouvoirs publics :
·         à poursuivre leurs efforts pour la défense de la laïcité, la protection des minorités, la sauvegarde et le respect des biens publics et privés ;

·         à encourager la population à se prémunir contre toute forme de discrimination et de violence, s’exerçant sur les Particuliers, les Collectivités ou Associations, notamment sur les Groupes religieux, de quelque obédience que ce soit, dès lors que ces Groupes sont déclarés et admis sur le territoire sénégalais et exercent en toute transparence et dans la légalité ;

·         à se mettre à l’écoute de la population de ce pays, dans toutes ses composantes, sa diversité sociale et religieuse, et à prêter  une attention spéciale à ses besoins vitaux, en vue de prévenir tout sentiment de frustration et d’injustice, source récurrente, voire permanente, de conflits et de troubles sociaux ;

invite les différentes confessions religieuses :
·         au dialogue et à l’estime mutuelle, en vue d’une connaissance et d’une reconnaissance authentiques, facteurs d’entente cordiale et de paix ;

invite, enfin, toutes les Sénégalaises et tous les Sénégalais
·         au dialogue citoyen, politique, social et religieux, surtout en cette période préélectorale, où tout est possible, le meilleur comme le pire, afin que prennent le pas sur les égoïsmes et les mensonges, la fraternité vraie et la vérité, la paix sociale et l’unité nationale, en vue d’élections libres et transparentes.

Fait à Dakar, le 21 juillet 2011

Le Comité de Veille de l’Archidiocèse de Dakar

dimanche 10 juillet 2011

L'Eglise de Dakar accueille des nouveaux prêtres

Prions pour nos nouveaux prêtres


Père, riche en grâce et en bénédiction,
Regarde ton Eglise à Dakar, qui a accueillit de nouveaux ministres de l'Eucharistie;
fortifie-la dans la foi, l'espérance et la charité.
Jésus Maître de la moisson,
Reçois notre action de grâce, pour nos prêtres: Jaques Assane SENE, Jean Marie TINE et Vivien NADIACK, et pour nos diacres: Paul Macodou SENE et René Mbagnick NGOM.
Nous te les présentons avec un coeur joyeux;
Que ton Esprit Saint les accompagne et les fortifie.
Ils ont mis en toi leur confiance, qu'ils y demeurent à jamais.
Sainte Vierge Marie, Mère des prêtres,
Prends-les sous ta protection, et prie pour eux.
Ainsi ils seront heureux de vivre et de tout donner chaque jour de leur vie.
Amen !
Notre Père ...
Je vous salue Marie ...
Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit ...


Après la Messe les nouveaux prêtres ont fait remerciments.
Je vous les propose en audio au: http://www.ustream.tv/recorded/15933639

vendredi 8 juillet 2011

Livres historiques (2)

Toujours dans l'étude la Bible que nous fesons je vous présente les Livres historiques deuxieme partie: www.santorosario.net/bible/at2b.htm
Bonne Méditation

mercredi 6 juillet 2011

MIPA en route pour les 25ans

Les activités marquant le 25 éme anniversaire de l'Église des Parcelles Assainies ont été lancées dimanche dernier par une messe solennelle présidée par le Père Enzo Abbatinali, fondateur et premier curé de la paroisse. Les fidéles qui se sont déplacés en masse ont pu écouter le témoignage du Père Enzo, de la congrègation des Oblats de Marie Immaculée
Ce dernier a fait l'évolution de l'Église depuis 1982 jusqu'à nos jours.Il y a eu aussi la découverte et l'explication du logo, du théme et du slogan "Mipa pour tous, tous pour Mipa". Lors de la conférence de presse qui s'est tenue après la messe, l'actuel curé de la paroisse, le Pére Flavio Facchin, a lancé un
appel à tous les paroissiens à participer pleinement à cette fête. Parmi les autres activités prévues avant la date anniversaire du 1er janvier 2012, il a annoncé celle du 4 décembre 2011, date de célébration de la féte de l'Immaculée Conception, nom donné à l'Église des Parcelles Assainies.
Il est vrai que la période-phare de cet anniversaire est comprise entre le 4 décembre 2011 et le 1er janvier 2012 mais il faut signaler que le démarrage de la mobilisation et des festivités en direction du jubilé des 25 ans a été donné au travers de trois événements majeures vécus cette année.
Il s'agit du premier pèlerinage paroissial à Mont-Rolland en mars dernier; de la seconde visite du Cardinal Théodore Adrien Sarr les 14 et 15 mai et de la célébration du 50 éme anniversaire de la mort de Saint-Eugéne de Mazenod, fondateur des missionnaires Oblats de Marie Immaculée, du vendredi 20 mai au samedi 21 mai à Popenguine. Placé sous le théme: "Dans le coeur de l'Eglise, avec Marie soyons amour",
ce jubilé devra constituer un tournant décisif pour tous les fidéles qui y prendont part. Le comité d'organisation invite tous les paroissiens à vivre le slogan "Mipa pour tous, tous pour Mipa" qui dénote du sens de l'unité et d'appartenance à une même Eglise famille de Dieu. Même si les activités auront un grand cachet festif, l'aspect spirituel primera.
Charles Malick SARR
Le Matin

lundi 4 juillet 2011

Année Jubilaire

Le monastère sénégalais, qui fêtera en 2013 le cinquantième anniversaire de sa fondation par l’abbaye de Solesmes, a su faire toute leur place aux moines d’Afrique subsaharienne.
Sur une photo légèrement jaunie, neuf moines français posent en souriant, deux chiens à leurs pieds. Le cliché n’indique pas l’originalité et la profondeur de l’aventure spirituelle qu’ils s’apprêtent à vivre dans le village sénégalais de Keur Moussa, à 150 kilomètres de Dakar.
Nous sommes en 1963. Sur place, il n’y a ni eau, ni dispensaire de santé, qui sera ouvert plus tard avec le soutien des Servantes des Pauvres d’Angers. Trois ans plus tôt, dans l’élan missionnaire du concile Vatican II, le père abbé de l’abbaye de Solesmes, dans la Sarthe, a lancé le projet de fondation d’un monastère en Afrique.
« Il est bien entendu qu’il s’agirait d’un monastère vraiment contemplatif », précisait-il, le 12 décembre 1960, dans une lettre à l’archevêque de Dakar. Près de cinquante ans plus tard, la pertinence de cette intuition et sa vitalité tiennent en une statistique : l’abbaye de Keur Moussa – « la maison de Moïse » – compte 45 frères, dont quinze novices.
LA MAJORITÉ DES NOVICES SONT AFRICAINS
Parmi eux, seulement trois Français, dans la force de l’âge. Tous les autres sont originaires d’Afrique, en majorité du Sénégal (60 %), mais aussi du Cameroun et du Gabon.
Frère Élie Diouf, 70 ans, grand spécialiste de la médecine par les plantes et les huiles végétales depuis qu’il soigna ainsi l’infection de l’intestin qui le rongeait, fut le premier religieux africain à prononcer ses vœux. On vient le consulter de tout le pays pour se procurer ses décoctions qu’il délivre, sous un grand arbre, le samedi matin.
D’origine sérère, l’une des ethnies sénégalaises, il a grandi dans une famille musulmane avant de découvrir la religion catholique dans un établissement scolaire tenu par les spiritains. « Il y avait d’autres postulants avant moi, mais j’ai été le plus persévérant », raconte-t-il, tout près de la porterie de l’abbaye, où les moines accueillent les visiteurs, nombreux.
PRISE EN COMPTE DU CONTEXTE LOCAL
L’engagement durable de frère Élie dans la vie monastique est une réponse aux doutes qui ne manquèrent pas de s’exprimer à la naissance de Keur Moussa, et même une dizaine d’années plus tard, à travers une question d’un autre âge : les Africains seraient-ils faits pour la vie monastique ? Sauraient-ils s’adapter aux exigences de la règle de Saint Benoît et à son rythme minutieusement encadré ?
Pour les moines, qu’ils soient français ou africains, les clés de l’épanouissement de ce monastère inédit ne résident pas dans l’application stricte d’une discipline venue d’ailleurs. Bien sûr, chacun vit selon la règle bénédictine mais sa mise en œuvre a tenu compte du contexte local, selon le fameux principe d’inculturation.
« Les Européens ont eu le souci de nous léguer une tradition monastique vivante, appropriée à notre culture et pas du tout figée. Ensuite, il était de notre responsabilité de la faire totalement nôtre, d’en partager l’âme. Les fondateurs de Keur Moussa nous ont poussés dans la recherche d’une expression africaine alors que notre culture nous a toujours incités à nous méfier des Blancs », raconte frère Bernard, jeune profès camerounais, à l’humour aiguisé.
LA KORA ET LE BALAFON ACCOMPAGNENT LES CHANTS GRÉGORIENS
« La capacité du charisme monastique à dialoguer avec les cultures m’impressionne, poursuit-il. Elle est la preuve que l’homme peut dépasser ses particularismes, sans les renier. » Le meilleur exemple de cette inculturation, et le plus reconnu, tient à l’usage de la kora dans la musique qui accompagne ici la liturgie lors de l’ensemble des offices, vécus dans une profonde atmosphère de prière.
L’utilisation de cette sorte de cithare, fabriquée pour l’exportation dans un petit atelier au fond du verger de l’abbaye, n’est pourtant pas une idée des religieux autochtones. Les premiers d’entre eux voulaient de l’harmonium car ils étaient habitués à l’orgue !
L’adaptation de la liturgie monastique et du chant grégorien aux rythmes africains a été la grande affaire du P. Dominique Catta, maître de chœur pendant quarante-cinq ans avant de passer le relais à frère Jean-Baptiste, jeune prêtre sénégalais. Seize enregistrements discographiques d’une exceptionnelle qualité, mêlant la voix des moines aux notes de la kora et du balafon, sorte de xylophone, attestent du patient travail du P. Dominique.
« CE SONT DEUX CULTURES QUI SE MARIENT »
« Par obéissance, j’ai ouvert mes oreilles car je ne connais pas la musique », dit, malicieux, celui qui se présente comme l’« Ancien Testament » de Keur Moussa : « Trois à quatre dimanche de suite, j’ai rencontré des griots qui ont accordé la kora. Tout de suite, j’ai compris qu’elle correspondait aux rythmes du grégorien. »
Durant trente ans, le moine écoutera alors plus d’un millier d’airs africains pour chercher, un à un, celui correspondant le mieux à chaque psaume. « Je n’ai pas fait œuvre folklorique, confie-t-il avec une certaine gravité. Il s’agissait d’accompagner la prière de l’Église en conciliant tradition africaine et tradition monastique. »
Frère Marie-Omar, Sénégalais de 31 ans, rappelle, lui aussi, le cœur de son engagement à Keur Moussa. « Je ne connaissais pas du tout l’histoire du lieu, je voulais simplement me consacrer à Dieu. Quand j’en ai appris davantage sur la genèse de l’abbaye, j’ai été heureux de voir à quel point les premiers moines de Solesmes se sont enracinés ici. Ce sont vraiment deux cultures qui se marient, puisque à l’inverse, beaucoup de frères africains se sont rendus à Solesmes. »
APPRENTISSAGES MUTUELS
Interrompant soudain son activité de jardinage, sous le chaud soleil, Frère Marie-Omar confie son sentiment de reconnaissance : « Les moines français se sont adaptés à cet environnement qu’ils ne connaissaient pas. Ils ont suivi le conseil du premier père abbé, le P. Philippe Champetier de Ribes, qui leur avait dit : Ouvrez-vous ! »
Lui aussi reconnaît qu’il a dû s’adapter au rythme de la vie monastique, dont beaucoup de frères africains disent avec humour que la régularité ne correspond pas spontanément à leur culture. Le P. Jean Marie, arrivé en Afrique en 1968 et à Keur Moussa quatre ans plus tard, a assisté à l’intégration des religieux africains au monastère. Il connaît désormais les raisons d’une « greffe » réussie et d’une vie fraternelle harmonieuse.
« Au départ, il y eut quelques maladresses. Nous voulions être Africains comme eux. C’était une erreur. Il nous fallait apprendre certaines différences culturelles, liées notamment au deuil ou à la notion de famille élargie. À l’inverse, des pratiques comme la présence de gris-gris dans les cellules n’ont plus cours aujourd’hui. »
Des apprentissages mutuels qui ont été largement facilités par le principe de la correction fraternelle. « Saint Benoît nous a dit : “Si vous avez des difficultés, réconciliez-vous avant le coucher du soleil”, rappelle Frère Élie. Le respect de la règle est encore le meilleur moyen de vivre ensemble. »